Ce que ça produit de se faire coacher

Pour le séminaire annuel des associés d’Acteüs nous avons fait, pour la première fois, appel à un coach. Une équipe de coach qui se fait coacher, rien de plus naturel, au fond. Et cependant, c’est la première fois que j’expérimente ainsi, comme membre d’une équipe dirigeante, un coaching collectif. D’habitude, je suis de l’autre côté, c’est moi le coach ! Cette expérience – d’être à la place du « client » – a été pour moi très instructive. Bien sûr, je sais combien l’intervention d’un coach modifie une dynamique collective. Mais, là, j’ai eu l’occasion de constater in vivo certains effets de l’intervention d’un coach sur un collectif.

D’abord, j’ai pu observer que la décision de faire intervenir un coach avait conféré une importance particulière à notre séminaire : sans doute parce que des moyens avaient été engagés et que nous attendions donc un « retour sur investissement ». Autre hypothèse : inconsciemment, le fait que nous aurions à travailler sous le regard d’une personne extérieure à notre cercle impliquait un certain enjeu d’image (question : les équipes sont-elles narcissiques ?).

Il me semble aussi que le fait même d’avoir pris ensemble la décision de se faire accompagner avait marqué une volonté de changement particulière, donc un engagement. C’était admettre que nous ne pourrions produire ce changement en choisissant de fonctionner dans le seul périmètre de l’équipe, dans le cadre de nos fonctionnements habituels, et que nous avions besoin de nouveauté.

J’ai aussi mesuré combien le travail préparatoire au séminaire, les réunions de cadrage avec ou sans le coach, avaient été utiles. Nous avons avancé notre réflexion sur divers sujets en cours, avec l’idée de pouvoir nous retrouver pour ces deux journées de travail sur un terrain déblayé, aussi disponibles que possible pour traiter des enjeux de premier niveau : périmètre, vision et de finalité de l’action commune, pratiques de travail collectif. Sans doute, là encore, un désir d’utiliser au mieux la « ressource coaching » que nous nous étions accordée.

Au cours du séminaire lui-même, un effet majeur de la prise en charge de la facilitation par le coach (séquences, timing, choix des exercices et de la progression) a été de permettre à chacun de s’exprimer sans se sentir dépositaires ou co-responsables du rôle d’animation du processus de travail. Dès lors que cette tache, qui exige une grande vigilance, est déléguée, une parité est rendue possible, qui facilite grandement l’expression des intérêts de chacun, et libère les énergies. C’est un grand confort de travail, propice à une réflexion approfondie et à la prise de décision.

Pour conclure cette note d’étonnement, je dirais que la présence et le rôle tenus par le coach – ses interventions de cadrage pour maintenir le groupe au travail sur les points importants, son regard, sa manière de travailler – ont pour effet de changer la conversation de l’équipe. Et l’on sait que, selon le principe constructiviste, changer les mots, c’est changer la réalité.

Donc mon conseil : si vous souhaitez obtenir plus de votre collectif, un alignement qui soit porteur d’une dynamique renouvelée, faites appel à un coach !

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